Tout le monde a expérimenté un jour le sifflement strident et temporaire d’un acouphène dans une oreille. Si le phénomène est la plupart du temps vécu avec bonne humeur, c’est avant tout parce qu’il ne dure pas longtemps. Mais lorsque le dérèglement persiste pendant des jours, les nerfs sont mis à rude épreuve et la santé mentale est mise en jeu.

C’est quoi un acouphène ?

Un acouphène est un trouble auditif lié au dysfonctionnement du système nerveux auditif et se manifestant par la perception de bruits parasites. Ceux-ci empruntent toutes les palettes de la gêne sonore : le tintement, le chuintement, le sifflement, le grondement, le bourdonnement. 10 à 12% de la population en souffrirait de manière épisodique, chronique ou permanente. Dans 1% des cas, les acouphènes sont dits « objectifs », c’est à dire qu’ils sont le fruit d’une maladie de l’oreille interne. Le sifflement est réel et parfois même perceptible par le médecin. Mais dans 98% des cas ils sont subjectifs, c’est à dire qu’ils ne proviennent d’aucune source sonore dans l’environnement et ne peuvent être entendus que par celui qui en est la victime. On comprend facilement alors qu’ils sont difficiles à « mesurer » si ce n’est à l’ampleur de la gêne qu’ils provoquent.

Inégaux face à l’acouphène

Il existe deux causes principales à l’irruption des acouphènes. Il y a d’abord le traumatisme auditif dû à une explosion, un larsen très violent, une exposition prolongée au bruit, etc. Mais la plupart du temps ils accompagnent simplement l’usure de l’oreille et témoignent d’une baisse d’audition (même minime). Dans ce cas, les scientifiques expliqueraient l’apparition des acouphènes par une détérioration de certains neurotransmetteurs de l’oreille interne. En leur absence, le cerveau compenserait le manque en créant un bruit de comblement.

Malheureusement, si les acouphènes sont à 95% sans gravité d’un point de vue physiologique, ils provoquent souvent une grande détresse à ceux qui en sont victimes. Vécue comme une simple gêne ou carrément comme une intrusion permanente, ils peuvent se révéler handicapants dans la vie de tous les jours, causant des troubles de l’attention, de l’anxiété et pouvant même conduire à la dépression. Si de nombreux patients finissent par ignorer tout simplement leurs acouphènes, d’autres demeurent profondément perturbés au point de voir leur vie bouleversée. Plus que les acouphènes en eux-mêmes (qui ne peuvent être soignés), il faut alors prendre en charge les troubles associés (troubles de l’attention, sentiment d’injustice, désespérance, insomnie, anxiété, stress) et essayer de les soulager.

Une prise en charge globale

Heureusement, la prise en charge des victimes des acouphènes est prise très au sérieux. Des thérapies acoustiques d’habituation sont mises en place et de plus en plus d’équipes pluridisciplinaires, associant ORL, psychothérapeute, audioprothésiste, sophrologue, se forment pour dialoguer avec le patient et établir un plan pour gérer la gêne au quotidien.

L’audioprothésiste joue ici un rôle clé. Au contact de ses patients, il peut confronter leurs expériences et prodiguer en retour de nombreux conseils. Il peut corriger, s’il y lieu, la perte d’audition souvent à l’origine des acouphènes. Il dispose également de toute une gamme d’appareils permettant de détourner l’attention du patient de son trouble auditif. Ces générateurs de bruits diffusent un ou des sons dont la tonalité, le timbre ou la puissance sont réglés par l’audioprothésiste. L’objectif de ces sons est de réduire la perception des acouphènes en fondant ces derniers en arrière-plan. Comme pour une prothèse auditive classique, l’accompagnement et le suivi de l’audioprothésiste est primordial auprès d’un public souvent désemparé et en détresse émotionnelle.

Si vous souffrez d’acouphènes, ne restez pas seul face à votre problème. Rémi Lamoine des centres Entendre du Bassin d’Arcachon est spécialisé dans le traitement des acouphènes et propose un suivi personnalisé. À vos côtés, il mettra en œuvre la meilleure stratégie pour gérer votre gêne au quotidien et suivra en permanence l’évolution de vos symptômes.